Que transmet-on génétiquement à ses enfants ?

mer, 07/12/2017 - 20:49 -- siteadmin

Apparence physique et intelligence sont transmis par les gènes. Mais encore ? Les réponses de Sandrine Marlin, généticienne.

«C'est le portrait craché de son grand-père», «Il ressemble tellement à sa mère»... Autant de phrases souvent entendues lors de la naissance d'un enfant. Mais que signifient-elles, vraiment ? D'un point de vue génétique, qu'est-ce que les parents transmettent à leurs enfants, et comment ? Éléments de réponses avec Sandrine Marlin, docteure en sciences et en médecine et généticienne clinicienne à l'hôpital Necker.

Tout commence quand spermatozoïde et ovocyte fusionnent pour donner naissance à un embryon dont les cellules sont dotées de 46 chromosomes, la moitié provenant de la mère et l'autre du père. Chacun étant un élément du noyau de la cellule, formé de longues molécules d'ADN. Cet ADN est composé de 1% de gènes (à peu près 20.000), avec une copie maternelle et une copie paternelle. Quelques-uns sont différents entre les hommes et les femmes puisque liés au sexe : soit sur le chromosome X, soit sur le chromosome Y. «Seule cette paire de chromosomes, dite sexuelle, est différente entre les hommes et les femmes», explique la généticienne. Le reste de son ADN est constitué, à 99 %, de facteurs séquences génétiques, éléments qui régulent les gènes.

Ces gènes déterminent nombre de caractéristiques physiques du bébé, telles que la couleur des yeux, des cheveux, de la peau et les traits du visage. «Prenez deux vrais jumeaux. C'est un seul œuf qui, à un moment, s’est divisé en deux. Ils ont exactement les mêmes gènes, donc se ressemblent trait pour trait», explicite-t-elle.

L'épigénétique

Les gènes influencent aussi grandement la santé de cet embryon. Quand il y a une anomalie dans les facteurs composant l'ADN, des pathologies apparaissent, influencées par l’épigénétique. «Les enfants d’un parent souffrant d’obésité ont plus de risques de développer des maladies liées au métabolisme. Ici, l'obésité entraîne une dérégulation, ou une régulation différente, de l’expression de certains gènes, chez le parent lui-même mais aussi chez sa descendance (les modifications touchant les spermatozoïdes ou les ovules, NDLR)», détaille la double doctorante.

"Ça saute une génération"

À chaque génération, il y a un brassage des gènes : la moitié d'un parent, l’autre moitié de l’autre. Ce qui signifie qu'un quart vient des grands-parents. Mais, il y a des traits dominants et d'autres récessifs, plus faibles. Si l'un des grands-parents a les yeux bleus, sa petite-fille peut aussi avoir les yeux bleus, même si ses parents ont les yeux foncés. Avoir les yeux clairs est une caractéristique récessive, alors que les gènes des yeux foncés sont dominants. Pour ces derniers, il suffit donc d’avoir une seule copie foncée pour avoir les yeux foncés. «Tout le monde utilise l'expression "ça a sauté une génération". En fait, ça n’a rien sauté du tout. C’est simplement qu’il y a un caractère plus dominant que l'autre. Un grand-père aux yeux clairs a forcément donné un gène similaire à ses enfants. Cet enfant peut avoir les yeux marrons si l’autre parent lui a donné le gène des yeux foncés. Si cet enfant fait des enfants avec une personne qui a aussi ce gène yeux clairs, ils peuvent donc avoir les yeux clairs», démontre Sandrine Marlin. C'est clair !

Source : Le Figaro

http://madame.lefigaro.fr/enfants/adn-embryon-que-transmet-on-genetiquement-a-ses-enfants-050717-133151