L'UNICEF appelle à protéger les plus de 7 millions d'enfants d'Afrique de l'Ouest et centrale en mouvement chaque année

jeu, 07/06/2017 - 19:43 -- siteadmin

Plus de la moitié des 12 millions d'Africains de l'ouest et du centre qui se déplacent chaque année sont des enfants, a annoncé mercredi le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) dans le cadre de la publication d'un nouveau rapport.

Intitulé 'À la recherche d'opportunités : Les voix des enfants en déplacement en Afrique de l'Ouest et centrale', le rapport souligne qu'environ 75% de ces enfants restent en Afrique subsaharienne et que moins d'un sur cinq prennent la direction de l'Europe.

« Les enfants d'Afrique de l'Ouest et centrale se déplacent en plus grand nombre qu'auparavant, beaucoup d'entre eux étant en quête de sécurité ou d'une vie meilleure », a déclaré la directrice de l'UNICEF pour la région, Marie-Pierre Poirier, soulignant toutefois que la majorité de ces enfants se déplacent en Afrique, et non pas vers l'Europe ou d'autres destinations.

« Nous devons élargir la discussion sur les migrations pour prendre en compte les vulnérabilités de tous les enfants en mouvement et développer les systèmes pour les protéger, dans toutes leurs destinations voulues », a ajouté Mme Poirier.

Un ensemble complexe de facteurs

Reposant sur une série d'entretiens avec des migrants et leurs familles de plusieurs pays, le rapport de l'UNICEF révèle un ensemble complexe de facteurs de la migration en vue d'échapper à la pauvreté.

L'étude suggère que les migrations impliquant des enfants et des jeunes d'Afrique de l'Ouest et centrale devraient augmenter en raison de la croissance rapide de la population et de l'urbanisation, un développement économique inégalé, des conflits persistants, une gouvernance faible et une capacité institutionnelle limitée pour aider les populations les plus vulnérables.

Le changement climatique est également un facteur majeur de la migration en Afrique de l'Ouest et centrale. La région devrait connaître une élévation de trois à quatre degrés, plus d'une fois et demie plus élevée que partout ailleurs dans le monde.

Le rapport constate également que la région manque de systèmes de protection suffisants et recommande aux décideurs politiques de mettre les enfants au centre de toute réponse aux migrations.

Les Etats doivent agir et coopérer

L'UNICEF continue d'exhorter tous les gouvernements, en Afrique de l'Ouest et centrale, en Europe et ailleurs, à adopter son programme d'action en six points pour la protection des enfants réfugiés et migrants:

1. Protéger les enfants réfugiés et migrants, en particulier les enfants non accompagnés, de l'exploitation et de la violence;

2. Mettre fin à la détention d'enfants cherchant statut de réfugié ou à migrer, en introduisant une gamme d'alternatives pratiques;

3. Ne pas séparer les familles afin de mieux protéger les enfants et donner à ces derniers un statut juridique;

4. Maintenir l'éducation de tous les enfants réfugiés et migrants et leur donner accès à la santé et à d'autres services de qualité;

5. S'attaquer aux causes sous-jacentes des mouvements à grande échelle des réfugiés et des migrants;

6. Promouvoir les mesures de lutte contre la xénophobie, la discrimination et la marginalisation dans les pays de transit et de destination.

L'UNICEF indique par ailleurs qu'une réponse efficace passe par un renforcement de la chaîne de protection des enfants entre les pays d'origine, de transit et de destination. Le Fonds estime par ailleurs qu'une coopération étroite des gouvernements, des Nations Unies et des partenaires non gouvernementaux est essentielle pour assurer l'accès des enfants aux soins de santé, à l'éducation et à d'autres services essentiels, quel que soit leur statut migratoire.

Parallèlement au plaidoyer de son Programme d'action, L'UNICEF a également lancé une campagne pour exhorter le public à être solidaire des enfants réfugiés et migrants, déracinés par la guerre, la violence et la pauvreté. La campagne "#UnEnfantEstUnEnfant" a été soutenue sur les médias sociaux par plus de 2 millions de personnes.

Source : UN

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=39778#.WV5oFISGPIU